Le livre de la semaine : Bref examen critique du nouvel ordo missæ

Publié le par Christophe Saint-Placide


Titre : Bref examen critique du nouvel ordo missæ

 

Auteurs : Cardinaux Ottaviani et Bacci

 

Éditeur : Renaissance catholique

 

Nombre de pages :  130 pages

 

Préface : Cardinal Alfons Stickler, archiviste et bibliothécaire émérite de la Sainte Église romaine.

 

 

 

 

Présentation :

 

L’association française Renaissance catholique a réédité en 2005 pour l’année de l’eucharistie le célèbre Bref examen critique signé par les Cardinaux Ottaviani et Bacci et adressé le 3 septembre 1969 au pape Paul VI. C’est dans la lettre adressé au pape et accompagnant ce texte que figure la célèbre phrase, que nous reproduisons ci-dessous, qui a été reprise depuis des années par les groupes traditionnalistes au sujet de la nouvelle messe :

 

« Après avoir examiné et fait examiner le nouvel ORDO MISSAE préparé par les experts du "Comité pour l'application de la Constitution sur la liturgie", après avoir longuement réfléchi et prié, nous sentons le devoir, devant Dieu et devant Votre Sainteté, d'exprimer les considérations suivantes :

1. Comme le prouve suffisamment l'examen critique ci-joint, si bref soit-il, oeuvre d'un groupe choisi de théologiens, de liturgistes et de pasteurs d'âmes, le nouvel ORDO MISSAE, si l'on considère les éléments nouveaux, susceptibles d'appréciations fort diverses, qui y paraissent sous-entendus ou impliqués, s'éloigne de façon impressionnante, dans l'ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu'elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente, lequel, en fixant définitivement les "canons" du rite, éleva une barrière infranchissable contre toute hérésie qui pourrait porter atteinte l'intégrité du Mystère. »

Le livre édité par Renaissance catholique contient d’autres textes intéressants que l’éditeur a ajouté au Bref examen et qui méritent d’être connus aussi. J’en donne le détail ci-dessous :

 

Le livre est constitué de sept chapitres :

 

1°) Pour l’année de l’eucharistie

 

2°) Brève histoire de la messe catholique

 

3°) Bulle Quo primum

 

4°) Exposition de la doctrine touchant le sacrifice de la messe selon le concile de Trente

 

5°) Extraits de l’encyclique Mediator Dei de Pie XII

 

6°) Lettre à Paul VI et Bref examen critique du nouvel Ordo Missæ

 

7°) Benoît XVI et la liturgie

 

Annexe : L’offertoire de la messe : comparaison des deux rites.

 



Notre avis

 

La signature du cardinal Ottaviani au Bref examen critique a été l’objet d’une controverse qui vient d’une lettre du cardinal à Dom Lafond, moine bénédictin. Jean Madiran dans Itinéraires en a fait l’analyse et la critique. Dans l’édition de Renaissance catholique, l’abbé Barthe revient sur cette histoire (p.36). Dans son livre Benoît XVI et la “paix liturgique”, Christophe Geffroy, directeur-fondateur de La Nef aussi (p. 127). Il ne se montre pas convaincu par la thèse de Madiran et encore moins par celle de l’abbé Barthe. Tout semble reposer sur le rôle joué par le secrétaire du cardinal Ottaviani, Mgr Gilberto Agustoni qui aurait, si la thèse Madiran-Barthe est juste, fait signer une lettre au cardinal Ottaviani sans que celui-ci soit informé – il était aveugle – de sa teneur exacte. L’argument de Geffroy, c’est qu’il s’agirait alors d’une grave félonie, étant sous-entendu qu’un prêtre en serait incapable.
Cependant Mgr Gilberto Agustoni n’était pas désintéressé dans l’affaire. Il appartenait au Consilium et approuva la version finale des nouvelles prières eucharistiques. Le 12 septembre 1969 il entra à la Sacrée Congrégation pour le Culte Divin, organisme responsable de la mise en oeuvre de la réforme liturgique.
Il a été redit aussi que le Bref examen critique était faible théologiquement. Le lecteur pourra s’en faire une idée en le lisant. Le Vatican semble l’avoir quand même pris au sérieux puisque lors de la publication définitive du nouveau missel en mars 1970, le pape ordonna la publication d'une préface soulignant l’orthodoxie du nouvel missel et une nouvel institutio generalis fut également publiée. Quoi qu’il en soit des controverses, ce texte appartient à l’histoire de la résistance en faveur de la forme traditionnelle du rite romain. À ce titre, au moins, il mérite d’être lu.

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