La visite du cardinal Vingt-Trois au pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté : le commentaire de Paix liturgique

Publié le par Christophe Saint-Placide

Le voici, reproduit dans son intégralité  : 

« Comme annoncé dans notre Lettre 230 du 17 mai 2010, Monseigneur André Vingt Trois, Cardinal Archevêque de Paris et Président de la Conférence des Évêques de France s’est rendu au pèlerinage organisé par l’Association Notre Dame de Chrétienté, le dimanche de Pentecôte, 23 mai 2010, pour célébrer le Salut du Saint-Sacrement et présider la Consécration à la Sainte Vierge, au bivouac de Gas.

 

On peut imaginer que l’archevêque de Paris a voulu faire oublier des écrits et attitudes peu aimables à l’égard des personnes attachées à la tradition liturgique romaine. Le fait est que son geste s’est voulu aussi naturel qu’appuyé.

 

Ce « signe fort » s’est déroulé en trois temps :

 

1°/ L’annonce : le site de la Conférence des Évêques de France a annoncé cette visite du Président de la CEF au pèlerinage. C'est la première fois que le site officiel de l'épiscopat mentionne le pèlerinage de Chartres et c'est une bonne chose.

 

2°/ Le commentaire officiel concomitant : dans un entretien radiophonique disponible sur le site du diocèse de Paris, le Cardinal Vingt Trois commente cette visite à venir aux pèlerins de Chartres :

 

Monseigneur André Ving-Trois :

- J'ai été invité et j'ai pensé que c'était assez normal que l'Archevêque de Paris et le Président de la Conférence des Évêques participe d'une certaine façon à ce pèlerinage. Donc avec les organisateurs nous avons choisi le moment le plus opportun qui sera le dimanche soir et j'y vais d'abord pour prier avec eux puisque nous allons faire une cérémonie d'Adoration du Saint Sacrement, pour m'adresser à eux et les encourager dans leur pèlerinage…

 

Journaliste :

- Alors justement est-ce que c'est un signe cette visite que vous allez faire, est-ce que c'est un signe que l'unité progresse à l'intérieur de l'Église, une unité voulue par Benoît XVI qui s'est illustrée notamment par un élargissement de la forme extraordinaire du rite romain ?

 

Monseigneur André Ving-Trois :

- Oui je pense que l'unité fondamentale n'est pas troublée, ce qui est troublé ce sont les modes d'expression de cette unité, donc il me semble particulièrement important de manifester par un signe visible que je considère que ces catholiques, dans la mesure où ils respectent les lois et les règles de fonctionnement de l'Église, font partie de l'Église et qu'ils sont des membres normaux de notre Église. Donc je les rencontre, ce n'est pas extraordinaire.

 

3°/ La visite elle-même est décrite sur le site du pèlerinage : le cardinal, qui avait eu le souci de revêtir une soutane rouge, accompagné de Monseigneur Patrick Chauvet, a été salué par le président de l'association, Hervé Rolland, et par l'aumônier général, l’abbé Le Coq. Il a rendu visite au camp des chapitres enfants, puis a salué les chapitres familles avant d'assister à l'arrivée des chapitres adultes. Il a aussi salué les délégations étrangères, et… remercié les équipes des monteurs de tentes et les responsables des cuisines, malheureusement  il n'a pu rencontrer l'immense groupe des étudiants marcheurs au milieu desquels se trouvaient plus d'une centaine de séminaristes. Puis il s'est adressé aux pèlerins : « Je vous considère comme des membres de ma famille (...) Une famille se constitue de membres qui ne se choisissent pas, mais qui sont liés de façon indéfectible (...) Nous sommes membres de la même Église (...) Nos relations sont des relations de fraternité et de communion (...) A vous qui vous interrogez sur le sens à donner à votre vie, demandez-vous non pas ce que vous voulez faire, mais ce que le Seigneur attend de vous (...) Il ne s'agit pas seulement d'un pèlerinage pour ces trois jours mais d'un sens à donner à toute votre vie (...) Je vous demande surtout, chacun, de prier pour votre évêque ». Le Cardinal a ensuite présidé le Salut du Saint-Sacrement, et la cérémonie de consécration à la Sainte Vierge et a quitté le pèlerinage vers 22h30.

 

 

LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

 

1/ Ayant fait état précédemment des propos, disons peu amènes, tenus ces derniers mois par le cardinal à l’égard des catholiques attachés à la liturgie traditionnelle de l’Église - et sachant que son accueil aux multiples demandes de messes selon la forme extraordinaire dans les paroisses parisiennes n’est pas, pour le dire faiblement, particulièrement empressé -, nous saluons sans réserve la visite de ce dimanche 23 mai. Nous nous réjouissons du réalisme intelligent de Monseigneur Vingt-Trois (le Pèlerinage de Chartres est l’une des « vitrines » d’une part de l’Église de France en pleine vigueur) et de la courtoisie pleine de naturel qu'il a manifesté à l'occasion de ce que l'on retiendra comme un incontestable beau geste dont nous le remercions bien vivement.

 

2/ Le mélange de l’« ordinaire » et de l’« extraordinaire », ou si l’on veut « l’effet Motu Proprio », se manifeste semaine après semaine par une série de signes qui se multiplient et qui vont du substantiel (prêtres toujours plus nombreux qui apprennent à dire la messe selon la forme extraordinaire) à l’anecdotique mais tout de même éloquent (tous les tailleurs ecclésiastiques français croulent sous les commandes de soutanes).

 

3/ La visite du Président de la Conférence des Évêques de France s'inscrit dans une phase de « déblocage », certes encore discret mais tout de même bien réel, qu’elle devrait logiquement amplifier. Pour le dire autrement : l'attente exprimée par de nombreux fidèles « ordinaires », dans les paroisses parisiennes comme ailleurs, ainsi que par un nombre non négligeable de prêtres et de séminaristes qui souhaitent des célébrations selon la forme extraordinaire chez eux et pour eux, commence à être prise en compte au plus haut sommet de la hiérarchie ecclésiastique française ; il y a donc fort à parier que ce début de reconnaissance officielle ne fasse qu'amplifier cette attente, désormais légitimement reconnue.

Tout le monde sait, par exemple, que les messes traditionnelles accueillent partout en France, et de plus en plus, un public nouveau. La traduction concrète en est que, cette année, les pèlerins, spécialement parisiens, qui assistent de manière habituelle à la messe dans leurs paroisses « ordinaires » (certains étaient fort agréablement surpris de retrouver leurs voisins catholiques du dimanche : « Vous aussi ! ») étaient plus nombreux que d’habitude. De même, la présence de prêtres diocésains, y compris parisiens, devient sans cesse plus évidente au sein des chapitres du pèlerinage.

Enfin, beaucoup de curés et d’aumôniers de la capitale n’hésitent pas, à défaut de célébrer selon la forme extraordinaire, à approuver les fidèles qui se rendent à de telles célébrations ou au pèlerinage de Chartres. Et ceux qui, jusqu’à présent, déconseillaient formellement de telles pratiques ont bien compris qu'il n'était plus de bon ton de le faire.

 

4/ A quelques semaines du "bilan" du motu proprio et à quelques mois des visites ad limina de nos évêques à Rome, nous prions pour que le courage qu'a montré le Président de la Conférence des Évêques de France soit suivi d'effet à Paris comme ailleurs et que soit prise sérieusement en compte la réalité des centaines de demandes d'application des bienfaits du Motu proprio "Summorum pontificum", que cessent à leur endroit les chicaneries et un juridisme étroit pour qu'enfin la réconciliation s'épanouisse et porte ses fruits d'Unité, de Paix et de Communion au service de l'Église et de la nouvelle et indispensable Évangélisation.

 

5/ Notre ultime commentaire aura donc le laconisme d’une Espérance absolue et d'un optimisme prudent : à suivre… »

 

 

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